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Mardi 27 octobre 2009


On avait ici réservé les observations qu'appelle la série  d'élections récentes ayant marqué le monde en particulier  dans des pays d'Europe, ou  au niveau de l'Union.
La  continuation du "socialisme" de  type  portugais et un retour socialiste en Grèce ne peuvent évidemment autoriser leurs gouvernements à mener à bien de véritables politiques sociales positives non illusoires  dès lors que la participation de ces pays à l'Union leur impose  cette  stratégie d'ouverture aux low costs de toute nature , ce qui sape toute société cherchant le bon emploi et l'équité.
Réservons avec prudence  le cas limite original de la Norvège échappant de peu à un retournement , ce qui  tient à des facteurs exceptionnellement favorables ( les ressources naturelles et une tradition de redistribution ayant fait ses preuves) mais qui sont désormais fragilisés .
Quant au Japon, quel pourra en être un nouveau pacte social dans une  économie mondialisée où son atout  reste peut-être d'avoir la capacité d'un comportement nationaliste du consommeteur ? Il faut espérer que c'est cela qui lui permettra une correction de sa politique sociale dans le même sens que celui pour  lequel  travaille B. Obama : sous les boulets rouges des ultra-droites américaines, comme sous les perfidies d"une grande partie de nos "news" (dont certains en prenant à partie - souvent de manière peu pertinente sur le fond  d'ailleurs  Nicolas Sarkozy - veulent se donner une vertu pour  miner parallèlement l'image trop réformiste pour bien des libéraux  du président des Etats-Unis).

Ailleurs, sans parler du marchandage irlandais,  ceux qui l'emportent dans les assemblées, les idées, les programmes  sont bien plus que des "libéraux" classiques ( qui peuvent  l'être au seul plan politique ou pour les fonctionnements internes des économies ) : ce sont les libre-échangistes; ils sont en  général de droite ( encore que la droite compte aussi des souverainistes économiques) , mais, au delà,  leur pensée cardinale ( exclure toutes modalités significatives de protectionnisme) a largement contaminé les centres, beaucoup des gauches et  de verts.
Cette doctrine  règne sur les institutions internationales, a les plein pouvoirs dans l'Union où les coalitions "libérales" détiennent la majorité, et où, à tous niveaux ont été reconduit  les managers (comme le président de la Commission) de cette idéologie sommaire.   Elle vient de  finir de conquérir l'Allemagne - et c'est très grave, malgré le progrès, sans conséquences, comme d'habitude depuis près d'un siècle,   des gauches en ce pays . 

Et ce pays de A. Merkel (réplique plus bourgeoisement rassurante de M. Tatcher)  est le modèle que veut rejoindre le bloc libéral français ; un bloc en fait  plus dangereux qu'un Nicolas Sarkozy ( celui-ci, par sa passion du pouvoir est à l'écoute de  l'opinion populaire et doit donc  s'intéresser à chercher les moyens de sauvegarder contre les mondialisations  des intérêts français); un bloc que  traversent bien des clivages d'étiquettes politiques, mais qui est moins fissuré par celles-ci que par des rivalités impitoyables de personnes ; un bloc qui a un énorme et subtil  soutien de la part de la quasi totalité des médias;   un bloc surtout et enfin dont la puissance d'influence idéologique  est garantie par l'absence de capacité de jugement de  beaucoup de Français , incapacité citoyenne  nourrie elle même par les apparences d'un grand pluralisme, d'une grande diversité des analyses, des enquêtes, des diagnostics, des préconisations.

Oh,  comme ils sont intelligents, comme ils sont pertinents tous ces membres de l'orchestre médiatique. Ils mettent en évidence, ils démontrent, explicitent, critiquent tous les vices de la société contemporaine et, parmi ses progrès, celui de l'injustice fait leur manchette sans que cela puisse rien changer dès lors qu'ils ne s'interrogent pas sur la stratégie qui l'engendre et l'aggrave : la mondialisation toute puissante. 
Ils ont tous et chacun  - de gauche,  de droite ou seulement du milieu, c.a.d. des métiers de communication, de science sociale, de conseil politique, etc. -   des remèdes, des réponses, des idées sur les moyens de moins mal faire, et l'on se prend en les lisant à y croire .. sauf au moment où l'on se dit " mais à quelles conditions serait-ce possible ? ", quel prix faut-il payer ? "où prendre l'argent pour résoudre les insuffisances des services publics ou des couvertures sociales ?",   "et si on le prend ici ou là, quels seront les effets de coûts et de risques de pertes de marchés et donc d'emplois, sur nos prix de revient comparés à ceux des concurrents externes " ? Partout la contrainte de compétitivité ( la seule réponse rimant avec flexibilité qu'un Baverez sait  apporter au "déclin") est effectivement présente; et les stress qui frappent et tuent sont moins, en fait, le produit de telle ou telle mauvaise gestion que celle du diable omniprésent de la concurrence : la religion du monde libéral ouvert.


Mais ce monde - l'Allemagne le prouve et bien d'autres pays  aussi, sans parler de la majorité des cadres politiques et intellectuels -  les électorats l'acceptent avec piur conséquences les glorieux programme des gouvernements "libéraux" : des diminutions massives d'impôt au profit des plus dotés et des entreprises ( qui ont bien raison de les demander car elles n'ont pas d'autres solutions que la poursuite de l'allégement des charges  dans le système tel qu'il est ), le moins possible de  rétribution  aux  salariés, travailleurs indépendants,   fournisseurs de produits fondamentaux  (comme les agriculteurs dont on voudrait bien largement  se passer  grâce aux imports ) et sous traitants  . Voilà ce qui est nécessaire à notre économie privée et ouverte dont le carburant indispensable  est une forte inégalité. Et puis encore, des licenciements plus faciles;  des risques sociaux moins couverts; des services d'intérêt général  ne trouvant plus de financements publics, des systèmes de contrôle des immigrations se bâtissant ouvertement sur les critères  de l'utilité; des dispositifs sécuritaires d'autant plus impérieux et coûteux , sans garantie ni de   préoccupation humanitaire, ni de limitation des bavures, que la jungle de la société produit inévitablement des dérives  et des violences qu'il faut contenir et maîtriser, au prix parfois de difficultés inévitables de discernement  et de précautions.

    Et il n'y a pas de majorité pour refuser ce monde là, mais des majorités - relatives du moins - pour en élire des dirigeants. Mais pourquoi ?

- Sans doute, avant tout,  parce que "les gens " ne font pas le lien - sauf quand ils sont directement victimes d"un enchaînement évident comme une délocalisation - 
entre leurs problèmes et les difficultés ou impossibilités de les résoudre et les effets de la mondialisation sauvage;
- que tout au contraire, beaucoup apprécient ce qu'elle apporte : de bas prix pour pas mal de produits et services;  des voyages pas trop chers pour certains; des exercices de conquête de marchés au loin pour quelques autres; les délices et poisons du "village global" quand on a perdu son village d'origine; et il faut l'avouer un stimulant,  un dopant  pour un grand nombre.
- En bref le système doit sans doute gratifier plus de gens qu'il n'en pénalise,  tandis que toute la pédagogie collective exalte les bienfaits des "effets d'échelle", de la division mondiale du travail ( bien qu'on ne sache  plus laquelle,  lorsque les compétiteurs peuvent désormais quasiment tout proposer à des prix imbattables) et qu'il n'est aucune école de pensée qui oserait clairement mettre en évidence  que le développement des échanges internationaux, loin d'être un instrument systématique de  progrès ( sinon pour des statistiques quantitatives) est  un destructeur fréquent des équilibres qualitatifs .   A quand  une part d'éloge pour l'autarcie ?

C'est Arthur Toffler qui voyait le déclin du marxisme dans le fait que les pauvres devenaient minoritaires. Sans débattre de la pauvreté absolue ou relative,  pourrait-on soutenir  (?) que si les libéraux libres échangistes (conservateurs  et socio-libéraux mêlés ) obtiennent des majorités 
en nos pays c'est
- d'une part parce que
ceux qui s'y ressentent  comme victimisées par le système mondial restent sans doute minoritaires  (ce qui ne serait pas une constatation affligeante) 
- et, d'autre part, en même temps, que les dominants s'accomodent très bien de faire  des victimes (en prenant le soin de quelques pansements politiquement indispensable) dès lors qu'ils peuvent en cantonner l'influence 

Mais il y a deux constations affligeantes :
- la première c'est que l'échec des victimes - ou des laissés pour compte  - à faire changer le système  tient autant à la division de ces victimes et de ces perdants  entre formations idéologiques ne pouvant ni converger, ni se concilier ( gauches non libérales et  droites populo-souverainiste, sans compter 
l'univers des sceptiques ) qu'à  leur caractère numériquement minoritaire ( lequel n'est qu'une illusion d'optique puisque les dirigeants de nos  pays n'ont jamais que des majorités toutes relatives)
- la seconde est que la puissance de la mondialisation  sauvage et de ses serviteurs,  puissance appuyée sur la division des opposants  ( vieille recette qui se nourrit très bien aujourd'hui, en plus,  des manipulations des notions d'identité nationale ) est le produit de la démocratie occidentale.

Celle-ci dans son fonctionnement actuel, pire, permet et entretient   que , sans vergogne , des électorats choisissent représentants et chefs non pas en raison de leurs vertus, mais précisément à raison de leurs défauts, de leur résolution agressive à l"encontre  de ces parties de leurs concitoyens qui critiquent et contestent leur système . Ce que demande une clientèle combattante à ses petits ou grand hérauts c'est qu'ils soient (  à condition d'être habiles ) des dominants aussi durs ou pervers qu'il le faut à l'égard des couches de populations tenues à l'écart des bénéfices du monde.
 
Les critères des chances de succès d'une personnalité politique ne sont pas dans son rayonnement, dans l'intelligence, voire  l'excellence  de sa recherche du bien pour tous. Au contraire de ce que l'on pourrait espérer des effets du rôle  des fabricants d'images,  (et là, il faut regretter que les médias obligés aux bons sentiments n'aient pas plus de bénéfiques influences )   une bonne image, une image vertueuse ( qui est seulement un atout électoral  - d'ailleurs à double tranchant - si la partie est difficile)  n'est pas un bon signe d'être un bon gouvernant au service d'intérêt de caste ou de classe.
 C'est d'ailleurs ainsi à travers des préférences démocratiquement exprimées pour  de méchants  réalistes ( s'inscrivant contre les pauvres , les autres ethnies, les étrangers)  que le fascisme est venu aux nations, tandis que les totalitarismes de gauche  (et les réactions contre eux ) ont aussi été bâtis sur la haine.

Tous les fonds de commerce politiques et la plupart des idéologies sont des habillages de rapports de forces. Comprendre et admettre   - aussi tard qu'on y parvienne - d'une part que la mondialisation sauvage est triomphante  grâce à  la division de ses victimes et , d'autre part, que la démocratie - telle qu'on la vit  - est aussi impuissante que les révolutions à être un levier d'humanisation du monde, éclaire une double impasse de destin. Ce n'est pas aujourd'hui que je peux exprimer comment essayer d'en sortir.

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Samedi 24 octobre 2009


 

Voilà plus de cinquante ans - exactement 53 - que j'ai sur le coeur l'affaire du Zakri.

C'est à cet engagement meurtrier, en Oranie en 1956, que je réfère dans l'épisode "Mes marins" de "Bulles d'Histoire " , de même que je reprends quasiment dans les mêmes termes, les moments de cette "bataille" dans le Chapitre 11 de "la Course de Printemps" .

 

Or des recherches m'ont conduit à découvrir le site sur lequel écrivent et témoignent depuis quelques années  des fusiliers marins de la DBFM rescapés de cette aventure

 

http://djebelzakri.canalblog.com/archives/accueil/index.html

Page 1 à 9 - L’opération du Djebel Zakri

 


On y trouve souvenirs précis, expressions de tout ce que pouvaient  penser les soldats d'alors,  cartes, fac similé d'articles de presse, correspondances, photos très éloquentes,   etc. : tous documents  que  je n’ai pas pu  bien  transférer, mais ...

 

 

IL FAUT ALLER VOIR CE SITE : la vérité de cette époque parfaitement décrite par des engagés volontaires du temps, mais qui n'auraient pu imaginer ce à quoi, et à  qui , ils s'étaient livrés

Je reproduis ci-après mon témoignage et ce que j'ai comme  part d'explication de cette vilaine affaire 

 

 

- MES MARINS - 1956

 

 

 

 

Au chef lieu, il y avait des obsèques :  après une lourde intervention de pacification, on rendait les honneurs aux cercueils alignés, drappés de tricolore, frappés de l'ancre de marine. Il y en avait presqu'autant que, selon la presse, de combattants F.L.N. tués au cours de que l'on avait appelé la "bataille du Zakri" dans l'ouest algérien,.

 

Entre les sonneries aux morts et les remises de décorations, je revivais l'opération. Elle avait été montée de manière classique. Un vaste compartiment de terrain, composé de djebels allongés et de petits plateaux de piémonts,  avait été, le plus discrètement possible, bouclé avant l'aube,  par des troupes motorisées constituant le filet de la nasse. Une fois en place, elles croisaient leurs vues et leurs feux sur tout ce qui prétendrait en sortir. D'autres unités, à pied, étaient chargées de battre et ratisser la surface encerclée. Les habitants étaient rameutés vers des points de contrôle. Ceux qui ne se laissaient pas contrôler étaient les rebelles. Au point haut du dispositif, un peu en avant du bouclage, était le piton du commandement. Deux types de forces étaient engagées : celles du secteur qui quadrillaient habituellement le pays et le connaissaient bien; des forces d'intervention venues d'ailleurs. Mon peloton de chars et d'hommes portés appartenait aux premières. Nous y travaillions tantôt en véhicules, tantôt au contact. Nous avions été placés en réserve auprès du commandant d'une demi-brigade de fusiliers marins : une troupe d'élite, spécialement entraînée, sophistiquement équipée, faisant, sur de courts séjours opérationnels, la guerre comme un ballet, avec élégance, courage et férocité. C'est dans un douar qu'elle avait un jour "nettoyé" que j'ai fait fait rapine, avant que tout ne brûle, d'une couverture de laine aux bandes vertes et blanches surlignées de fines rayures oranges, pourpres et noires, dont je ne parviens pas à me séparer, sur laquelle je couche encore souvent depuis plus de quarante ans.

 

A peine l'aube s'était-elle ouverte,  que ces commandos de marines, en progression sur les pentes du djebel, furent cloués au sol par des tirs émanant d'une ligne de maisons, de figuiers de barbarie et de rocs en désordre. L'ensemble constituait comme un petit ksar surélevé par rapport au lacet abrupt d'une piste. Au delà, un tournant, pour franchir un mauvais col, passait sur l'autre versant de ce haut de vallée.

 

Longtemps, dans mes jumelles, depuis le P.C., je suis resté à observer: dispersés en tirailleurs, dans leurs treillis vert pomme, les hommes aux bérets à pompon rouge se faisaient "allumer" dès qu'ils se levaient de derrière un pli de terrain ou une murette. Ils ont fini par donner l'assaut à découvert, enlevés par des enseignes de vaisseaux, glorieux comme en quatorze et fauchés par les rafales. Ils ne sont pas arrivés jusqu'au ksar avant que les fellaghas n'aient réussi à se replier dans une grotte au delà du col. La journée s'est achevée sous les attaques au rocket de l'aéronavale, dans les fumées et dans  les flammes.

 

Ce terrain, qui a fait tant de morts, je le connaissais. Sur cette piste, entre les aloès, j'aurais pu me porter. Avec mes jeeps et mes chars légers - du modèle de ceux qui avaient fait la guerre de Corée -  je l'avais souvent empruntée. Un jour, je l'avais trouvée coupée en dents de piano, par des tranchées dans une épingle à cheveu et le half track de tête, surpris, a versé : deux hommes aux jambes écrasés. C'est sur cette piste aussi que j'avais vu mes premiers égorgés : des jeunes du contingent, avec les couilles  bourrant leurs bouches, déjà couverts de mouches.

 

Je ne croyais pas à la pacification, à cette guerre, à cette bataille. Mais je ne pouvais plus rien changer. J'étais soldat : là pour prendre et pour sauver des vies. Au début de l'accrochage, j'avais osé dire au pacha :

« Commandant, mes chars peuvent passer. La résistance, je peux la canonner.

Il m'avait foudroyé de son regard de chef.:


  - "Non mon petit, ça c'est pour mes marins 

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Mercredi 21 octobre 2009
         Il est connu qu'il y a de la jouissance sensuelle dans la part d'ivresse qui s'empare d'un politique goûtant des ovations;  j'ai vu en cet état évident  des candidats notoires notamment lors d'une campagne électorale lorsqu'ils pouvaient croire que cette communication avec une foule était la porte du pouvoir .
Le terme de "conquêtes" ne s'applique-t-il pas d'ailleurs "indifféremment" à celles du pouvoir, des richesses, des femmes et ...des hommes, depuis ces temps antiques où les moeurs reconnaissaient, au demeurant comme une banalité, aux  puissants - comme aux philosophes et en fait à pas mal  d'autres -  la normalité d'avoir des "amants".

Affirmation de "normalité" dans la libre diversité  et revendication de non discrimination qui constituent bien aujourd'hui  ensemble la plateforme de la force  homosexuelle dans la cité. A ceux là mêmes qui ne portent aucune hostilité, aucune aggressivité  envers ceux qui pratiquent l'homosexualité , le fait humain et social qu'elle représente aujourd'hui peut faire interrogation, voire malaise. En d'autres termes, le rejet total de l'homophobie ( au  nom des principes de liberté et d'égalité ) n'implique pas nécessairement  la pleine compréhension, la pleine réception, de l'homosexualité ( au titre de la conscience personnelle) .

 Cette difficulté de  pleinement concevoir l'homosexualité  - bien qu'elle puisse  aller totalement de pair avec la volonté politique d'en reconnaître, autant que se peut , avec l'hétéro sexualité, les facultés d'exercice -  pourrait bien s'expliquer par le fait que ceux qui  éprouvent cette difficulté  sont enracinés dans l'idée et l'expérience que leur propre libido ne peut être gouvernée que par l"altérité : c'est à dire par leur impulsion vers un corps exprimant un être différent d'eux-même (ou  symétrique) et  par leur lndifférence ( voire leur rejet  ) à l'égard d'un corps exprimant un être semblable à eux (ou identique) . Cette libido de l'hétérosexualité est sans doute  manifestement commandée en profondeur par l'instinct de procréation - impossible entre deux personnes de même sexe -   alors même que nos relations sexuelles peuvent être, ce qui est sauf rares exceptions animales, le propre ( ou du moins souvent la pratique) de l'espèce humaine,  déconnectées de cette finalité. On voit bien du même coup comment en général les Églises lient bien entre eux principes moraux, faits de nature et droit positif et, particulièrement, que tout ce qui relève des valeurs de la famille (c'est à dire la parentalité ) ne saurait échapper à ce triptyque.   

Et toute critique libérale, "progressiste", égalitaire de ces positions - comme des sensibilités rétives à la banalisation de l'homosexualité et croyant subir le lobbying d'une franc-maçonnerie des tenants de ces moeurs - ne peut que se casser les dents  sur cette donnée immédiate de la conscience et des sens qu'est le besoin d'altérité pour être porté à des relations sexuelles et plus encore pour les nouer.   D'où le thème de fait toujours présent chez  les promoteurs de la banalisation homosexuelle que le besoin d'altérité n'est qu'une création culturelle tandis que celui de la bipolarité d'un couple pour assurer la continuation de l'espèce n'aurait aucun sens dès lors qu'il y a bien d'autres manières de féconder et de  faire venir des enfants au monde ...ainsi que de les élever.    

 Et c'est à ces stades que les débats bloquent et que parfois les amalgames des uns et des autres se font.  En réalité, de longue date certaines tranches de l'homosexualité ont trouvé leurs explications, leurs tolérances, mieux leur accueil positif  Le  défaut d'accès à l'autre sexe  - naissant traditionnellement du cantonnement  ensemble de personnes du même sexe  comme dans les lieux d'enseignement autrefois sans mixité et, parfois, comme au temps des légions, sous les armes, en a été un chef d'accueil  tout à fait "classique" dans les faits comme dans les lettres. 
Les abus du sexe masculin sur le sexe féminin pouvant aller de pair avec  les besoins de réconfort des femmes entre elles ou avec  celui de se passer d'homme  (ce qui conduit ensuite  à la question des voies de la fécondation) en a été un autre. Depuis les assauts de "la parité", la montée en puissance d'une part de femmes doublement armées (par leur féminité et par des discriminations positives) peut faire naître un désarroi masculin ( cf. sur ce site notre article de mars 2009) pouvant pousser des hommes à se préférer ( avec parallèlement aux questions de la fécondation, les questions de la gestation) est certainement un troisième facteur de développement et d'intelligence de l'homosexualité masculine . De la à la banalisation de l'accueil dans la foulée d'un droit de  Cité sans spécificité , il reste des abîmes.

Celui chez beaucoup qu'il ya deux "natures" irréductibles l'une à l'autre de la femme et de l'homme qui ne sont pas des faits sociaux, mais des faits génétiques avec l'avalanche des conséquences qui en résultent.   Et - qu'lis aient tort ou raison - ce qui les en convainc tous les jours c'est leur propre libido, leurs élans ou leurs blocages. Sur ces bases, ils ne peuvent évidemment pas concevoir que le sexe masculin d'une part et le sexe féminin d"autre part soient regardés ressentis, vécus, traités de manière indifférente : toutes les égalités juridiques ne pourront à leurs yeux abolir la part structurelle et féconde d'irréductible;(1) mais doivent simplement - ce qui est déjà bien diffcile - chercher à obtenir que les différences ne soient pas transgressées, fossilisées,  en inégalités.  

De surcroît, la libéralisation des moeurs a ouvert tellement de variantes de celles-ci  et de pluralismes sexuels et tellement de lieux où on peut en avoir le spectacle  ( voire la jouissance) que toute libéralisation de plus, même légitime,  inquiète plus fortement qu'il ya quelques décennies .
Ils sont sans doute nombreux et ne relevant d'aucun sectarisme tous ceux qui sont conscients  du risque  de voir glisser  du couple  homo ou hetéro  offrant à chaque partenaire sa chance de bonheur, d'affection, de solidarité ou d'équilibre, en bref d'alliance  , non seulement aux pratiques de toute nature que peut se choisir la liberté de chacun s'il ne met pas en cause l'intégrité des autres, mais aussi à des  franchissements de frontières au delà desquelles, il ne s'agit plus de la normalité de la diversité et des préférences, mais de transgressions. De bien difficiles transgressions à déceler peuvent tenir à l'âge d'un partenaire ou - dans notre univers de l'exploitation économique et de l'exploitation des détresses du monde et des misères psychiques de chacun - à la réalité de la liberté de l'autre  souvent bien douteuse lorsque, comme le disait E. Mounier,  "les âmes sont esclaves de l'esclavage des corps"
.

Ce qu'il faut naturellement plus prendre comme une image  que comme l'appel à une formule spiritualiste qui serait bien désuète.  Tout  pouvoir dans la Cité, issu de la sublimation politique de la libidio fondamentale ( conquérir pour se reproduire) parmi tous les conflits qu'il arbitre de manière nécessairement imparfaite ( sinon partiale , puisque par définition le pouvoir fait prévaloir ce qu'il pense être son intérêt de survie) est aussi confronté à celui des différences considérables et concurrentes entre les  libidos des membres de la société qu'il gouverne; différences de libido qui sont naturellemment exaltées les unes et les autres par les stratégies des business qui en vivent...
La conscience qu'il existe,  de fait, même sans ministère "ad hoc",  une politique des moeurs - à ne pas afficher peut-être, mais à piloter tant avec le principe de précaution  qu'avec le principe de liberté - devrait bien être au coeur des exercices des pouvoirs.


__________________________________________________

(1)  Il faut rappeler que deux  hommes ensemble, non fécondables,  ne peuvent donner la vie ni la porter tandis que l'une et l'autre des femmes, d'un couple féminin sont fécondables  et  peuvent donc donner et porter la vie ( on  supposerait même que des gamètes féminines pourraient, moyennant certaines interventions sur le noyau, engendrer sans gamète masculine)

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Mercredi 21 octobre 2009


En supprimant la TP on renonce à l’un des meilleurs impôts du monde

 

Quel est le seul impôt qui est assis de manière répartie entre le capital technique, le capital humain et la valeur ajoutée :  la TP(*)

 

Quel est l’impôt différencié de place en place qui lie l’effort que fait une collectivité pour créer de bonnes conditions d’accueil à des activités et le profit qu’elle en tire : la TP

 

Quel est l’impôt différencié de place en place qui peut inciter ou non une entreprise à s’implanter en tenant compte d’une  balance coût/avantage : la TP

 

Quel est, alors qu’on ne peut partager aucun grand impôt d’État    l’impôt imparfait mais possible qui peut produire autant de ressources ?Aucun ( mais il faudrait au moins  donner aux Régions un ISF modulable , ce qui créerait un bon enjeu de pouvoir)

 

 

Voilà les vertus fondamentales oubliées de la TP qui était toujours perfectible d’abord en elle-même   ( si son emploi a été lié au dynamisme des communes de France que son existence a responsabilisées, il restait des questions de  répartition, de péréquation, de perfectionnement d’assiettes  et de seuil de tolérance) ) , mais surtout en retouchant et en réformant son contexte :  le reste de la batterie fiscale locale qui a plus de défauts que la TP : les injustices de la taxe d’habitation, les mauvaises assiettes des  fonciers, l’absence d’une fiscalité adéquate (comme eut été une taxe sur la constructibilité)  sur l’urbanisation.

Mais la TP c’est le baudet de la fable, dénoncée comme le fardeau ( entre autres) des entreprises,  encore qu’on voudrait bien savoir de combien de départs ou de faillites la TP ( au demeurant si souvent adoucie par des exonérations diverses) serait responsable ?

 

Mais on voulait sa peau :

- parce qu’il faut moderniser  à tout crin et à tout prix ; 

- parce qu’il faut dire oui aux clientèles que sont tous les demandeurs et bénéficiaires d’allégements fiscaux déjà largement gratifiés par les politiques qui privilégient les mieux dotés

-  parce qu’il faut se soumettre – ou trouver le prétexte de se soumettre –aux besoins d’alléger les coûts ( toujours les coûts utiles à la solidarité et  à la vie collective comme les cotisations sociales et les impôts locaux)

- que c’est la règle du vilain jeu d’une économie casino ne poursuivant que les meilleurs profits et les plus bas prix de revient

- selon la logique de l’illusion d’avoir le pouvoir d’achat par de bas prix  offerts aux chômeurs, aux mal payés ou mal assurés, qui en ayant peu de ressources recherchent et demandent ces bas prix et auxquels  on ne peut les donner, contre leur emploi et leur niveau de vie, qu’en réduisant les emplois, les salaires et les garanties : le cercle vicieux de l’économie libérale internationale dont le carburant est l’inégalité 

- parce que c’et là l’ordonnance que prescrit le régime de la compétition mondiale lorsqu’une totale  absence d’imagination stratégique – laquelle devrait comporter ce qu’il faudrait de protectionnisme indispensable  à la survie de nos niveaux sociaux -  livre notre société  à son inéluctable déclin  dont la destruction des moyens de la vie locale n’est qu’une facette parmi trop d’autres.

 

(*) dans cette présentation volontairement simplifiée , on a  pris l'inspiration équilibrée d"origine et fait abstraction de la réforme de 2002/3 qui aurait effacé, pour faire face aux  critiques assez erronées d'ailleurs selon lesquelles cette part pesait sur l'emploi ( qui a souffert en vérité de bien d'autres handicaps !), la part "salaires" de cette assiette; ce qui n'efface pas le facteur humain qui continue à apparaître à travers la valeur  locative des immobilisations  , forcément proportionnelle à l'ampleur humaine d'une activité.

A ceux qui critiquent par principe tout ce qui impose des "facteurs de production", on ne peut répliquer qu'en leur demandant sur quoi imposer ? Ils vous diront, "mais sur les résultats." Seraient-ils d'accord pour transférer à un doublement de l'impôt sur les sociétés le soin de pourvoir en ressources les collectivités locales au niveau de la TP ( les deux impôts tournent autour de 40 milliards d'euros de produit, chacun )


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Mercredi 21 octobre 2009


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